Aller au contenu

L’EUDI Wallet, ou portefeuille européen d’identité numérique, ne se résume pas simplement à une nouvelle application mobile. Il renvoie en réalité à un cadre européen plus large permettant à l’utilisateur de prouver qui il est, d’accéder à des services en ligne, de demander, stocker et partager des documents numériques importants, ou encore de créer des signatures électroniques. Il ne s’agit donc pas d’un simple porte-documents dématérialisé.

Pour les entreprises, le sujet dépasse largement la seule veille réglementaire puisqu’EUDI Wallet touche déjà à des enjeux très concrets tels que l’onboarding, KYC/KYB et la vérification d’identité au cœur de la sécurisation des parcours digitaux. Il s’agit de réduire les frictions documentaires en fluidifiant la circulation de données de confiance entre individus, organisations et services numériques.

L’idée doit être posée d’emblée qu’une donnée mieux vérifiée à la source ne devient pas automatiquement une donnée métier directement exploitable. Entre une preuve numérique fiable et son usage dans un CRM, un référentiel client, un workflow conformité ou un parcours commercial, il subsiste un réel sujet de préparation des données et de mise en qualité. C’est précisément à cet endroit qu’Eudi Wallet devient stratégique pour les entreprises.

Qu’est-ce qu’EUDI Wallet ?
Définition et objectifs

L’EUDI Wallet est un portefeuille numérique personnel prévu dans le cadre européen d’identité numérique. La commission européenne le présente comme un moyen sécurisé permettant aux utilisateurs de :

  • Prouver leur identité de manière fiable, simple et rapide
  • Stocker et partager des justificatifs électroniques vérifiés (diplômes, permis, attestations, KBIS…),
  • Accéder à des services publics ou privés à l’échelle de l’Union européenne
  • Réaliser des démarches sécurisées 100% en ligne
  • Maîtriser le partage des données strictement nécessaires aux démarches

 
Si l’adoption du wallet par l’utilisateur final reste flexible, le cadre crée en revanche des obligations d’acceptation pour certains services publics et prestataires privés tenus d’identifier leurs clients de manière non équivoque.

Le Digital Decade Policy Programme fixe en parallèle un objectif selon lequel 80 % des citoyens devraient utiliser une solution d’identité numérique d’ici 2030.
 

EUDI wallet s’inscrit dans un écosystème où interviennent plusieurs acteurs :

  • Utilisateurs propriétaires du portefeuille
  • Fournisseurs de wallet
  • Fournisseurs de données d’identification
  • Emetteurs d’attestations électroniques
  • Prestataires de services vérificateurs
  • Organismes d’évaluation de la conformité

 
Cette architecture représente bien une infrastructure de confiance plus qu’une application informatique isolée. Le modèle repose sur un principe fort : l’utilisateur doit garder la main sur les informations qu’il partage. Ainsi, la Commission met en avant la divulgation sélective, c’est-à-dire la possibilité de prouver uniquement ce qui est nécessaire dans une transaction donnée, sans exposer plus d’informations que requis.
 
 

Pourquoi EUDI Wallet change la donne pour l’identité numérique européenne

Le projet repose sur le règlement UE 2024/1183, qui modifie eIDAS pour établir le European Digital Identity Framework. La Commission indique que les états membres doivent mettre à disposition au moins un wallet conforme avant fin 2026, en cohérence avec les règlements d’exécution déjà adoptés.

D’ici novembre 2027, les entreprises de secteurs réglementés soumises à une authentification forte en ligne devront être en mesure d’accepter les portefeuilles EUDI. Les très grandes plateformes (VLOPs) visées par le Digital Services Act auront aussi pour obligation d’intégrer l’usage d’EUDI Wallet comme moyen d’identification des utilisateurs.

Cette évolution change la nature même de l’identité numérique en Europe. Jusqu’ici, le paysage restait fragmenté entre solutions nationales, logins privés, procédures documentaires hétérogènes et parcours transfrontaliers souvent complexes. Avec EUDI Wallet, l’Union cherche à instaurer un cadre plus harmonisé et congruent, au sein duquel l’utilisateur garde le contrôle sur ses données.

Le changement n’est pas seulement réglementaire, il est aussi opérationnel. Aujourd’hui encore, de nombreux parcours reposent sur des scans de pièces, des ressaisies, des contrôles manuels ou des justificatifs difficiles à vérifier. EUDI Wallet vise à introduire des preuves numériques fiables, plus portables et interopérables. L’ANSSI souligne d’ailleurs que l’un des changements majeurs d’eIDAS 2.0 tient à la généralisation de ce wallet européen, dont l’obtention peut s’appuyer sur une vérification d’identité à distance.

Pour les entreprises, cela signifie que la question n’est pas théorique, elle touche directement aux parcours pour lesquels la confiance dans les données conditionne la conversion, la conformité, la maîtrise du risque ou la fluidité de la relation.
 
 

Une composante clé du règlement eIDAS 2.0 se déploie

Dans la mesure où le portefeuille numérique européen fait pleinement partie du règlement eIDAS (Electronic IDentification, Authentication and trust Services) révisé via UE 2024/1183, il ne s’agit pas d’un projet séparé juridiquement, mais bien d’une composante fonctionnelle. Les entreprises doivent comprendre l’imbrication hiérarchique pour parvenir à anticiper les erreurs : les règlements d’exécution adoptés par la commission précisent les exigences sur les fonctionnalités centrales, la certification, les données d’identification personnelle et attestations, les notifications d’écosystème, ainsi que les protocoles et interfaces.

En parallèle, la Toolbox et l’architecture de référence jouent un rôle essentiel pour l’alignement technique, mais elles ne doivent pas être confondues avec la norme juridique elle-même. Cette distinction est importante, car beaucoup de discours de marché mélangent encore droit positif, travaux techniques, pilotes et implémentations de référence.
 
 

Quels enjeux anticiper dès aujourd’hui ?

Même si l’écosystème continue de se structurer, le calendrier européen montre que le sujet est déjà entré dans une phase concrète de mise en œuvre. Les états membres doivent avancer vers la mise à disposition des wallets d’ici fin 2026, tandis que la commission poursuit les travaux d’implémentation et d’interopérabilité.

Pour les entreprises, la vraie question n’est pas simplement de devoir ajouter le wallet à leurs process de vérification d’identité, il faut également anticiper les effets de bord susceptibles de dégrader l’expérience tout au long des parcours digitaux.

En effet, une adresse mal normalisée ou un email/numéro de téléphone invalides peuvent entraîner des blocages d’onbording, des vérifications manuelles répétitives et coûteuses, ainsi qu’une augmentation du taux de rejet des connexions.

Il est d’autant plus essentiel de comprendre quelles données devront être rapprochées de vos référentiels. Quelles frictions documentaires réduire ? Quels traitements qualité restent indispensables pour exploiter ces nouvelles preuves numériques sereinement ? IDAIA vous aide à mieux appréhender chacun de ces points.

Les organisations qui abordent le sujet uniquement sous l’angle réglementaire risquent de manquer l’essentiel, le véritable enjeu visant aussi incontestablement la data opérationnelle orientée métier.
 
 

Comment fonctionne concrètement le portefeuille numérique européen ?

Le fonctionnement du wallet repose sur un scénario logique en 3 étapes que nous vous présentons ici.

  1. Emission des pièces certifiées

    Des émetteurs de confiance (états, administrations, banques, assureurs, entreprises certifiées) émettent des données ou attestations numériques vérifiées (verifiable credentials) que l’utilisateur reçoit dans son wallet. Ces éléments peuvent être par exemple une carte d’identité, un permis de conduire, diplôme, extrait Kbis, justificatif d’adresse, etc.

  2. Stockage dans le wallet

    Les justificatifs cryptographiés sont stockés dans l’application mobile de l’utilisateur (wallet), incluant sa signature électronique. Ils restent sous le contrôle exclusif de cet utilisateur propriétaire du portefeuille EUDI.

  3. Partage et vérification

    Lors d’une démarche ou d’une connexion, un processus vérifie automatiquement et instantanément la signature cryptographique pour valider l’authenticité des données sans avoir besoin d’échanger directement avec l’émetteur.

 
 
 
Schéma fonctionnel EUDI Wallet
 
 
 
Pour l’utilisateur, la promesse est double, avec la garantie d’un contrôle maximal sur ses données et des expériences de parcour simplifiées. Pour les services tiers, l’intérêt est de recevoir des preuves numériques mieux structurées et plus fiables que des pièces transmises de façon artisanale. Le wallet européen n’est toutefois pas un produit unique, la commission prévoit plusieurs formes de portefeuilles déployés sous la responsabilité des états membres, dans le respect de la standardisation européenne.
 
 

Quels sont le usages concrets d’EUDI Wallet pour les entreprises ?

Les cas d’usage mis en avant au niveau européen couvrent un spectre déjà large : accès aux services publics, ouverture de compte bancaire, santé, preuve d’âge, contrats, signatures, carte SIM, diplômes, permis de conduire mobile, voyages, mais aussi usages B2B et B2G.
 

Onboarding et vérification d’identité

Pour les entreprises, un premier bénéfice attendu concerne l’onboarding des collaborateurs. Lorsque certaines informations ou attestations peuvent être présentées de manière fiable et vérifiable, les parcours d’entrée en relation ont toutes chances de gagner en fluidité, en reposant moins sur des pièces bricolées, des ressaisies et des contrôles manuels répétitifs.
 

KYC/KYB et parcours de conformité

Ce point suscite beaucoup d’intérêt dans les secteurs tels que la banque, l’assurance ou chez les acteurs particulièrement exposés à la conformité. L’impact peut d’ailleurs se révéler conséquent pour certains prestataires qui avaient investi dans des plateformes de remédiation KYC (Know You Customer). Si EUDI Wallet ne supprime pas mécaniquement les obligations KYC/KYB, il peut en revanche grandement faciliter la manière dont certaines preuves d’identité ou d’attributs sont partagées et vérifiées, pour mieux répondre notamment à lutte contre le blanchiment d’argent ou limiter les risques d’usurpation et de fraude.
 

Réduction des fraudes documentaires

Lorsque la confiance repose davantage sur des attestations vérifiables que sur des scans ou captures d’écran, certaines formes de fraude documentaire deviennent plus difficiles. Dans l’absolu, sans neutraliser le risque de fraude à 100%, le niveau de fiabilité de certaines preuves échangées dans les parcours numériques se trouve foncièrement amélioré.
 

Relations B2B, partenaires, fournisseurs et services transfrontaliers

Le sujet dépasse aussi le cadre de la relation client grand public. Les travaux européens autour du Business Wallet ouvrent de multiples perspectives sur la gestion fournisseurs, les appels d’offres, la conformité, les échanges B2B/B2G et certains processus transfrontaliers.
 
 

EUDI Wallet suffit-il à garantir des données directement exploitables ?

C’est la vraie question métier. En situation favorable, EUDI Wallet permettra de recevoir ou vérifier certaines données dans des conditions de fiabilité optimales. Mais cela ne signifie pas automatiquement que ces données seront directement prêtes pour tous les usages de l’entreprise.
 

Une information mieux vérifiée N’EST PAS forcément une donnée :

  • Normalisée selon les règles internes
  • Rapprochée d’un référentiel existant
  • Dédupliquée pour ne présenter aucune entrée parasite multiple
  • Enrichie de tout élément indispensable ou pertinent
  • Exploitable directement dans un CRM, cadre de conformité ou moteur de scoring

 
Autrement dit, si le wallet améliore la preuve, il ne remplace pas la data quality.
C’est un point majeur à retenir par les organisations : une preuve d’identité renforcée ou une attestation vérifiable peuvent fluidifier l’amont du parcours. Mais en aval, l’entreprise doit encore intégrer, contrôler, rapprocher, qualifier et exploiter correctement cette information au regard de son propre SI.
C’est là que se situe l’enjeu réel de performance, car une donnée juridiquement recevable ou techniquement fiable n’est pas automatiquement une donnée opérationnellement rentable.
 
 

Comment IDAIA aide les entreprises à tirer parti de ces nouveaux parcours de confiance

Notre rôle n’est pas de ‘faire du wallet’ au sens de certifier l’identité numérique européenne. L’engagement d’IDAIA consiste à transformer une donnée critique en actif métier solide, activable et exploitable par les organisations.

À mesure que les parcours d’identité numérique nécessitent de gagner en fiabilité, les besoins en qualité des données augmentent :

  • Normalisation des données
  • Contrôles de validation
  • Dédoublonnage et déduplication
  • Enrichissement de données
  • Mise en cohérence avec référentiels internes
  • Exploitation dans les CRM et outils de gestion
  • Mise en conformité réglementaire
  • Relation client data centric
  • Pilotage des projets

 
EUDI Wallet s’appuie sur des données à fort potentiel sous contrainte, il rend de fait les besoins en data quality encore plus visibles et structurants. Plus les données reçues seront sensibles, plus l’entreprise devra être capable de les aborder correctement à travers ses chaînes de traitement pour en tirer une valeur opérationnelle respectueuse.
C’est précisément comme partenaire de fiabilisation, de structuration et de valorisation des données qu’IDAIA prend sa place, pour assurer l’efficience des nouveaux parcours de confiance.
 
 

Confier la gestion de la qualité des données à un expert reconnu

Les flux de données représentent un volume important d’informations dynamiques transitant en continu au sein des organisations. Leur supervision sert notamment à corriger les anomalies qui peuvent exister dès la source, mais aussi à pallier les dégradations apparaissant au fil des utilisations et des transferts. Une compréhension approfondie des besoins métier et des objectifs de votre projet sont les clés d’un bon pilotage pour délivrer les résultats attendus.

Nous maîtrisons l’ensemble des moyens et des processus nécessaires à la gestion des données d’usage EUDI Wallet. IDAIA se positionne comme tiers de confiance en assurant la qualité des traitements aussi bien que les enjeux sécuritaires de confidentialité des données et de sécurisation des échanges.
 
 

 
 

Disponibilité des données

Intégrez les données au cœur de votre stratégie

Echangeons ensemble autour des défis qui vous animent !

IDAIA conseille et accompagne les PME, ETI et grandes entreprises dans l’exploitation stratégique et opérationnelle de leurs données depuis plus de 30 ans.

Echangeons autour de la préparation de vos données EUDI Wallet dès aujourd’hui.
 
 
Demander une étude

Sujets et services qui pourraient vous intéresser

This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.